Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/123

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— Suis-nous donc, dirent-elles, il serait dommage de voir mourir un aussi charmant seigneur.

Elles le guidèrent vers une tente richement ornée et, ayant soulevé les draperies de l’entrée, le poussèrent à l’intérieur, en étouffant de frais éclats de rire.

Leïla était debout au milieu de la tente, attachant à son front une guirlande de pièces d’or, le visage penché vers un miroir qu’une esclave agenouillée tenait devant elle. En présence de cette merveilleuse beauté, Keïs ne put supporter son émotion ; il tomba sur le sol sans connaissance. La jeune fille alors se retourna, et, pleine de surprise, se pencha vers Keïs.

Pendant ce temps, les compagnes de Leïla passaient curieusement leurs têtes folâtres par l’ouverture de la tente, pour voir comment leur protégé avait été accueilli. Lorsqu’elles l’aperçurent étendu à terre, elles entrèrent précipitamment, devenues tout à coup sérieuses.

— Quoi ! dirent-elles, Leïla, tu l’as donc tué ?