Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/124

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— Je ne sais rien de ce jeune homme, dit Leïla. À un soupir qu’il a poussé, j’ai levé la tête et je l’ai vu là, sans mouvement. J’ai cru à un blessé poursuivi par des ennemis. En savez-vous plus que moi ?

— Nous l’avons rencontré près des églantiers, s’écrièrent les jeunes filles. Si je ne vois pas Leïla, nous a-t-il dit, je meurs. Est-il donc mort de t’avoir vue ?

— Fasse le ciel qu’il n’en soit rien ! dit Leïla, qui soutenait sur son genou la belle tête de Keïs, et contemplait ce visage inconnu avec une émotion croissante, pleine d’un charme tout nouveau pour elle. Je ne sais ce qui se passe en moi, continua-t-elle, mais il me semble que si cet homme, que je ne vois que depuis quelques minutes et dont je ne sais pas même le nom, ne revient pas à la vie, je ne pourrai lui survivre.

— Tais-toi, Leïla ! dirent les jeunes filles, il t’écoute.

Keïs avait ouvert les yeux.

— Ô jeune fille délicieuse ! s’écria-t-il, ne