Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/126

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quentes absences, l’épièrent et le dénoncèrent au prince son père.

Le chef des Amerites, enflammé de colère, interdit à son fils de sortir de sa tente ; le fit garder par des soldats, qui répondaient du prisonnier sur leur vie.

Keïs, en proie au désespoir le plus fougueux, essaya d’abord de s’échapper ; mais, se sentant impuissant, il se laissa tomber dans un coin comme une masse inerte, et demeura ainsi, refusant toute nourriture.

Les amis qui avaient trahi son secret, par intérêt pour lui, et dans la crainte qu’il ne fût massacré par les Nadites, vinrent le visiter ; en le voyant dans cet état, ils eurent le cœur serré.

— Cher Keïs, dirent-ils, ne pouvons-nous te soulager en rien ?

— Si vous êtes mes amis, répondit Keïs d’une voix sourde, dites à Leïla que je suis dans les flammes de l’enfer, mais que je ne cesserai jamais de l’adorer, et qu’elle se garde de m’accuser d’ingratitude ; puis, allez vers