Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/138

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Khansâ, c’est-à-dire la Camuse, à cause de son front proéminent, qui faisait paraître son nez déprimé. Elle avait épousé un des chefs des Solamides, nommé Mirdès, mais elle resta veuve après quelques années de mariage. Toumadir avait deux frères, qu’elle aimait tendrement, Moavia et Sakhr ; ils moururent tous deux, d’une façon tragique, et la douleur de cette double perte inspira à la jeune femme ses plus beaux poèmes.

Moavia, l’aîné des deux frères, vit un jour, dans une fête solennelle qui réunissait plusieurs tribus, passer près de lui une belle jeune fille de la tribu des Mourrides, il la prit pour une femme de mœurs légères, l’appela et l’invita à l’accompagner.

— Ignores-tu donc, répondit la jeune fille avec colère, que je suis sous la protection de l’illustre chef Hachem, fils de Harmala ?

— Que m’importe ? s’écria Moavia, emporté par la passion, je saurai bien t’enlever à lui !

La belle Mourride s’enfuit, et alla raconter son aventure à Hachem.