Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/137

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subir la mort, la mort si capricieuse dans ses coups. Ô destinée bizarre et cruelle ! Ô Sakhr ! ô mon frère ! tu es parti, tu es allé boire à cette réserve d’eau, dont tous goûteront un jour l’amertume. »

— Mais, reprit Abd-el-Melik, peut-être est-elle plus poète encore, celle qui a dit de l’homme ravagé par un amour malheureux : « Il a les flancs desséchés et grêles, un vêtement usé, une chemise en lambeaux ; il n’a pour se couvrir et se cacher que les voiles de la nuit. Il est si terrible à voir que, pendant le jour, après le jour, partout on fuit sa rencontre, et, même lorsqu’il interrompt ses courses désolées, on est encore en alarmes. »

Ces vers sont de l’amoureuse Leïla, continua le khalife, et je les préfère à ceux de Toumadir.

Cha-by n’osa rien répliquer, mais il continua à donner, à part lui, la préférence à Toumadir.

Cette femme était de la tribu des Beni-Solaim ou Solamides, on l’avait surnommée