Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/147

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Jamais la verve de Toumadir ne tarissait, lorsqu’il s’agissait de chanter ses morts bien aimés. Ses poésies roulent toujours sur le même sujet. Nous citerons une élégie encore, la plus célèbre, et qui est passée dans les chants publics :


« Coulez, ô mes larmes, coulez sans relâche, le plus généreux des hommes n’est-il pas couché sous la poussière ?

« N’est-il pas parti pour toujours, l’homme plein de courage et de beauté ? le héros de la tribu ?

« Le héros au long baudrier, à la taille pareille à une svelte colonne, celui qui déjà était roi de nos tentes avant que la barbe ne frise à son menton ?

« Tous les hommes font force de bras vers la gloire, lui aussi il lui tendit les mains ; mais il arriva par delà la hauteur de tous, et, l’ayant dépassée, il s’éleva encore.

« Quand les dangers fondaient sur nos tribus, c’est en lui qu’elles mettaient leur