Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/17

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— Il en est dont on rêve, pour s’être croisé avec leur barque sur le Nil.

— Qu’a donc celui-ci de si merveilleux ?

— Est-ce l’expression de son regard ?

— Est-ce son sourire ?

— Est-il très grand ?

— Sa voix est-elle séduisante ?

Zuteïka se boucha les oreilles des deux mains, en rentrant sa tête dans ses épaules, puis elle s’écria, lorsque le bruit se fut un peu calmé :

— Il est plus beau que les princes, plus beau que Pentaour, plus beau qu’Osiris et Horus sur leurs trônes célestes ; sa présence est un enchantement, sa démarche un sortilège, sa voix une musique ; qui l’a vu le revoit sans cesse ; son regard est un fer rouge qui vous blesse au cœur…

Les jeunes voix éclatèrent de nouveau.

— Elle est folle d’amour ! La passion l’aveugle…

— Elle est perdue, on lui a jeté un sort.

— Que le grand-prêtre vienne dire les formules magiques. Qu’il se hâte !