Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/180

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par la force de ses bras, il dompta ma résistance éperdue : il me déshonora. Mais je parvins à atteindre un poignard suspendu à la muraille et je le lui plongeai dans le cœur. J’appelai alors des serviteurs dévoués, qui me jurèrent le silence, je fis enlever le cadavre, et on le jeta à l’endroit où tu l’as trouvé. Plus tard, l’enfant, conçu dans la honte et les larmes secrètes, fut porté à la même place. Successeur du Prophète, voilà la vérité. J’ai gardé pour moi toutes les douleurs, mais j’ai sauvé l’honneur de la maison. Suis-je criminelle à tes yeux ?

— Le criminel, c’est celui que tu as châtié comme il méritait de l’être ! s’écria Omar en se levant. Je le sens, tu m’as dit la vérité. J’admire ta vertu et ton courage : tu as étouffé le scandale, tu as su éviter à ton vieux père le chagrin du déshonneur. Persévère toujours dans les œuvres de bien et Dieu répandra sur toi ses grâces, t’admettra dans son paradis.

Le khalife adressa au ciel des vœux pour