Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/200

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L’ENTÊTEMENT DE ZOBEÏDE




Le khalife Haroun-el-Raschid joue aux échecs avec la sultane Zobeïde.

La partie est extraordinairement sérieuse, car les deux époux, profondément absorbés, le regard fixe, le sourcil froncé, n’échangent pas un mot. L’on n’entend d’autre bruit, autour d’eux, que celui d’une fontaine dont l’eau de rose s’égrène dans une vasque de marbre.

L’eunuque noir, qui garde l’entrée, se retient de respirer ; il n’ose pas changer de main sa lance damasquinée, qui lui engourdit le bras, et il laisse ses reins se meurtrir et se gaufrer,