Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/203

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la jeune fille, il se penche vers elle et cueille un baiser sur sa jolie bouche rose, tandis que Zobeïde détourne la tête, pour ne pas avoir l’air d’une femme jalouse. Le roi, enivré de plaisir, se fait donner un calam et une bande de parchemin, et il écrit :


Je n’ai pas eu besoin de quitter ma place
Pour goûter au plus délicieux des fruits.


Puis il passe les vers à Maridah qui, toute tremblante, et rouge d’orgueil, prend le calam et termine le quatrain :


Le fruit n’attendait que ta soif
Pour donner avec joie tout son sang.


Le khalife est enthousiasmé.

— Je t’en prie, cède-moi cette esclave, dit-il à Zobeïde.

Peut-on refuser quelque chose à son époux ? Avec la rage au cœur, il faut sourire et lui donner Maridah. Alors, plein d’impatience, il se lève, prend la jeune fille par la main et l’emmène. De huit jours on ne revoit plus les deux amants !