Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/208

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plier, fuir, se rendre, et enfin, fermant ses bras sur sa poitrine dans le réseau de ses cheveux, elle ploie le genou devant le khalife.

— C’est bien, dit-il.

L’épreuve est terminée, et sans trop de désavantage pour la reine. Maintenant elle se rhabille à la hâte, reprend l’échiquier qu’elle tend au roi pour une nouvelle partie.

Mais celle-ci, par Allah ! elle ne la perdra pas ! Aucune distraction n’effleurera son esprit, pendant le quart d’une seconde ! L’enjeu serait un royaume, qu’elle n’y attacherait pas autant de prix qu’à cet espoir de vengeance.

La lutte est longue, pénible, acharnée ; car le khalife, un peu inquiet, joue de son mieux ; mais pourtant, bientôt, Zobeïde frappe ses mains l’une contre l’autre, et s’écrie à son tour

— J’ai gagné !

— Ah ! je suis mort ! dit le roi en riant, quelle méchanceté ton cerveau de femme va-t-il bien inventer ?

— J’espère qu’elle sera digne de la vôtre,