Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/209

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répond Zobeïde, daignez venir avec moi, seigneur.

Elle entraîne le khalife, par les portiques du palais, à travers les jardins, et ne s’arrête qu’aux cuisines.

— Où donc me conduis-tu ? dit Haroun-el-Raschid, veux-tu donc que, de mes mains royales, je t’accommode quelque fricassée ?

Mais la reine secoue la tête, avec un rire dédaigneux.

— Allons, hâte-toi de t’expliquer, il fait ici une chaleur qui ne peut être pire auprès des fournaises d’Iblis.

— Demeurez au dehors, seigneur, et attendez-moi un moment.

Cuisiniers et marmitons se sont jetés à plat ventre ; Zobeïde traverse une salle et entre dans une arrière-cour. Là de nombreux esclaves sont occupés aux plus infimes besognes. Zobeïde arrête ses regards sur une laide et sordide négresse, qui, agenouillée dans un coin, récure, en geignant, un bassin de cuivre. Un sourire malicieux frissonne sur les lèvres