Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/234

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des velours brodés, des riches costumes ornés de croissants et de palmes. Si nous avions le temps de l’écouter, il nous couterait de belles histoires. À côté de lui, des fabricants de babouches taillent et cousent le cuir, couleur de citron ou couleur de sang ; plus loin un potier tourne et modèle des gargoulettes poreuses, qui rafraîchiront l’eau ; un confiseur secoue dans un grand bassin de cuivre plein de sucre, des amandes qui deviennent dragées. — Des orfèvres, des parfumeurs, des tisserands, vont et viennent, dans la pénombre de leur boutique. Une femme voilée vend du tabac blond, en jetant à l’acheteur un regard timide et comme effaré.

Mais quel est ce chœur sauvage, mêlé de cris et de rires ? il sort par bouffées d’une haute porte voûtée qui conduit à l’écurie des fameux ânes blancs. — Est-ce que par hasard ces charmants quadrupèdes auraient organisé un concert ? — Non, ce ne sont pas eux, mais messieurs les âniers, d’assez indomptables petits personnages, qui descendent directe-