Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/236

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à tête de femme, leur envoie, en ruant, de la poussière dans les yeux. »

C’est tout à l’extrémité de la rue du Caire qu’est situé le café où l’on voit danser des Rakkasas égyptiennes, et tournoyer un derviche. Le bourdonnement du darbouka vous invite à entrer, et, au-dessus de la porte, vous pouvez lire, en français, que les deux étoiles, venues des bords du Nil, se nomment Ayoucha et Zénab.

À l’intérieur, les murs et le plafond sont revêtus de tapis, de jolies lanternes pendent çà et là, un divan règne autour de la salle. Sur l’estrade, brillamment décorée, les musiciens, rangés au fond, pincent ou frappent leurs instruments, d’un air rêveur et nonchalant.

Dès que vous êtes installés, un grand cafedjé, jeune et beau, vêtu d’une longue tunique jaune, vous met dans la main, sans soucoupe, une toute petite tasse, qu’il remplit d’un café tout sucré, un peu trouble, mais excellent.