Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/256

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


songeait pas et qu’on a fait venir pour elle de lointains pays.

Le Daïmio s’avoue, en branlant la tête, qu’il a trop gâté cette fille bien-aimée, qu’il n’aurait pas dû la combler ainsi, lui faire épuiser, à peine entrée dans la vie, toutes les richesses du monde. Que faire maintenant ? sa puissance est à bout, il n’a plus rien à offrir à son enfant, pour l’étonner et la charmer.

À quoi sert donc d’être prince ?

Longtemps, à travers la transparence trouble de la fenêtre, il laisse errer un regard ennuyé sur le jardin dépouillé, sur le ciel gris et pleurard.

— Que peut-elle bien désirer encore ?

Tout à coup il se leva.

— Allons la voir, se dit-il, je pourrai peut-être, sans qu’elle se doute de rien, deviner son caprice.

Il frappa sur un gong suspendu à un cordon de soie tenu du bout des dents par une chimère de bronze.

Aussitôt les panneaux formant les murailles