Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/268

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C’était un enchantement tout le long du chemin, la tiédeur du soleil, la fine brume dorée qui voilait un peu la nature, rendaient complète l’illusion ; on admirait un printemps plus riche, plus fleuri encore que le vrai printemps.

— Et quels parfums délicieux flottent dans l’air ! toutes ces fleurs, cela embaume, disait la princesse, qui, à chaque moment, penchait sa jolie tête hors du char, pour mieux voir.

Le Daïmio, très surpris, respirait, en effet, des odeurs charmantes.

C’est que des cassolettes étaient dissimulées dans le harnachement des bœufs, et la fumée qui s’en exhalait se confondait avec celle formée par l’haleine des animaux.

On s’en alla loin dans la campagne, Fiaki, au comble du bonheur, ne se lassait pas. Elle demanda à ne pas revenir au palais par le même chemin ; et était-ce possible, cela ? Le prince, un peu inquiet, regarda le ministre : celui-ci demeura impassible.