Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/271

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prince, qui ne devinait pas, était tout abasourdi.

— Tu es vraiment un homme prodigieux, dit-il, au moment où l’on rentrait au palais, tu as fait plus que je ne pouvais espérer ; tu as été absolument magicien. Tu l’as été trop, peut-être, et à la grande joie de ce jour se mêle une sourde inquiétude : comment nous sera-t-il possible de nous surpasser, à la fête de l’an prochain ?

Tandis que le maître, resté un peu en arrière, parlait ainsi à son ministre, Fiaki descendait de son char ; à cet instant, le fils du prince de Satsouma, qui venait d’arriver au palais avec une brillante escorte, s’avança pour la saluer. C’était un jeune homme plein d’élégance et de beauté, et tellement brave que, malgré sa jeunesse, il avait déjà fait parler de lui ; mais en ce moment, il était très ému, très pâle, comme tremblant de peur ; la jeune fille, au contraire, rougissait et, pour cacher cette rougeur, enfouissait son visage dans les fleurs qu’elle tenait à la main. Le ministre montra