Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/277

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Il avait changé de place, s’était dissimulé dans un bouquet de bois.

Un groupe s’avançait sur la route, c’était un norimono de louage porté par deux hommes et soigneusement fermé. À un léger sifflement de Nari-Hira le norimono s’arrêta et une femme, la tête couverte d’un voile de soie, en descendit vivement. Elle congédia d’un geste les porteurs et s’avança vers celui qui l’attendait. Il avait déjà mis pied à terre et un page, jusque-là invisible, emmenait le cheval.

Le ciel s’éteignait ; il faisait sombre déjà, sous les arbres. Komati entendit le bruit léger d’un baiser. Puis les amants s’engagèrent dans le sentier, qui passait à deux pas d’elle. Mais elle ne craignait pas d’être reconnue ; qui donc d’ailleurs irait regarder cette pauvresse assise au bord du chemin ?

C’était bien Nari-Hira qui s’avançait entre les buissons fleuris ; c’était bien le vainqueur dont la beauté dangereuse affolait toutes les femmes de la cour et ne bornait pas à elle ses ravages ; l’homme à l’élégance suprême, qui