Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/282

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aucune feuille morte ne tachait jamais la mousse des sentiers.

Au centre du jardin, sous un cèdre magnifique, s’élevait un large pavillon, qui semblait prêt à s’effondrer de vieillesse ; mais Komati reconnut aussi que cette vétusté était feinte ; la moisissure était un masque, l’affaissement du toit une tromperie. La maison, jeune et robuste, sous cette décrépitude apparente, devait cacher un intérieur somptueusement aménagé.

Mais pourquoi tout cela ? le pavillon restait inhabité, et elle n’avait jamais pu apercevoir les jardiniers qui soignaient le jardin. Peut-être venaient-ils par un souterrain. Enfin, après mille conjectures, peuplant sa solitude, elle avait imaginé quelque pieux désespoir et considérait le jardin comme le tombeau d’un amour fervent, interrompu par la mort. Cette mélancolie plaisait à sa tristesse, et elle était venue rêver là, bien souvent.

En découvrant que cette exquise retraite n’était que l’abri, habilement dissimulé, des