Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/295

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Tchouan-Tse se retourna : la princesse de Tsi était derrière lui.

Elle avait une belle tunique vert clair, brodée de roses et d’oiseaux. Sa jolie tête secouait tout un buisson d’élégantes épingles à pendeloques, et l’air, autour d’elle, était délicieusement parfumé.

— Mon cher époux, dit-elle, pourquoi avez-vous soupiré ? Pourquoi écrivez-vous de pareils vers ? Que signifie cet éventail de deuil que vous tenez à la main ?

— Voilà bien des questions, ma Céleste.

— Répondez-y.

— Eh bien ! sache que j’ai soupiré parce que cet éventail m’inspirait les vers que tu as lus sans ma permission.

— Que voilà de belles réponses de philosophe ! dit-elle d’un air boudeur.

— Ne te fâche pas ! C’est à propos d’une aventure qui m’est arrivée.

— Contez-moi cela.

D’un mouvement vif et gracieux comme celui d’une chatte, elle s’assit sur les genoux