Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/298

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


avec empressement et, faisant un gracieux salut, me tendit l’éventail. J’eus bientôt raison de l’humidité ; la terre devint grise et sèche, la jeune veuve était libre de voler à d’autres amours. Elle me remercia avec reconnaissance, m’offrit même un bijou de sa coiffure, mais j’acceptai seulement l’éventail, que je conserverai en souvenir de cette aventure. J’en ai ri d’abord, mais bientôt j’ai compris combien la scène que je venais de voir était cruelle pour un mari et devait lui donner à penser.

— Mais cette femme est l’opprobre de son sexe ! s’écria Céleste, rouge de colère ; comment osez-vous avoir l’idée de faire des comparaisons d’elle avec d’autres ? C’était là, vraiment, un beau travail pour un sage, que d’aider à éventer cette tombe, et vous avez moins de raison qu’un enfant, en voulant garder un souvenir de cette folie.

Cela dit, elle s’empara de l’éventail et le mit en miettes.

— Tu as tort, il aurait pu te servir à sécher