Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/30

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enlacement tenace et repoussa loin de lui la femme de son maître. Mais elle se retint à un pan de son manteau.

Joseph défit vivement l’agrafe de ce vêtement et, le laissant entre les mains de Zuleïka, il s’enfuit hors de la chambre, hors du palais.


L’Égyptienne, ainsi repoussée par un esclave, entra alors dans une colère folle ; elle se roula à terre, se déchira le visage, cria, pleura, se mordit les poings, et jura de se venger.


Son mari la surprit dans cet état de fureur.

— Qu’as-tu donc ? dit-il. Que t’est-il arrivé ?

— Tu le demandes ? dit-elle. Eh bien ! je vais te l’apprendre : sache que cet esclave, que tu chéris tant et que tu as comblé de tant de biens, profitant de l’absence de tes serviteurs, a voulu me faire violence et abuser de moi. Regarde : voici son manteau qui témoigne contre lui.