Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/310

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saluer, mais elle s’avança vivement afin de l’en empêcher.

— Gardez-vous bien de faire aucune imprudence, dit-elle. Je suis désolée de vous savoir malade et je fais des vœux pour votre guérison. Souffrez-vous beaucoup ?

— Votre voix si douce est comme un baume, dit-il très bas. C’est dans la tête qu’est la douleur, une affreuse douleur, une brûlure. Votre main, qui a la couleur de la neige, doit en avoir la fraîcheur ; il me semble que, si elle se posait sur mon front, je serais soulagé.

— Cela ne se doit pas, dit Céleste en rougissant.

Mais il avait déjà saisi sa main et la retenait dans la sienne. La jeune femme trouva cela tout à fait choquant ; mais elle pensa en même temps :

— Quelle bonne idée j’ai eue de remettre mes ongliers d’or !

— Vous ne voulez donc pas me guérir ? demanda-t-il d’un air suppliant.

Elle ne résista plus et, d’elle-même, posa