Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/312

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si peu des femmes et leur préférais l’étude, se peut-il, qu’en un instant, la vue de cette jeune veuve m’ait ravi l’esprit et le cœur, à tel point que je suis fou de rage en pensant qu’un autre homme l’a vue avant moi, comme s’il m’avait volé mon bien ?

Le domestique rentra en ce moment, avec les remèdes, et Céleste s’enfuit, toute bouleversée de ce qu’elle venait d’entendre.

Elle rencontra le cercueil de son mari, que l’on transportait dans un pavillon situé à un des angles de la cour, et elle fut un moment sans comprendre ce que c’était. Le souvenir lui revenant brusquement, elle se mit à sangloter, et suivit le cortège. On fit des offrandes de riz, de viandes et de vin, puis on laissa le mort dans ce pavillon, où il devait attendre, pendant un mois, ses funérailles.

Le soir, Li-Tiu semblait remis de son mal, et il s’excusa auprès de Céleste des ennuis qu’il avait causés ; puis il ajouta, sans oser la regarder :

— Oubliez les paroles criminelles que je