Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/313

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vous ai dites dans le délire de la fièvre, j’en suis honteux et désolé.

— Quoi ! s’écria la princesse, dont les yeux soudain se remplirent de larmes, tout cela n’était que mensonge ?

L’étudiant eut un ardent regard, qui sembla boire cette rosée qu’une aurore d’amour faisait rouler sur des joues charmantes.

— La fièvre m’a arraché un aveu que j’aurais dû taire, au risque d’en mourir, dit-il, mais qui n’est, hélas ! que trop sincère. Est-il possible qu’il ait trouvé un écho dans votre cœur ?

— Mes indiscrètes larmes m’ont trahie, à ma grande confusion, murmura la jeune femme. Ne m’en demandez pas plus.


Elle eut des rêves charmants, cette nuit-là, dans sa chambre, dépouillée des tentures et des tapis en signe de deuil, au fond de son grand lit de bambou, en forme de lanterne ronde.

Le lendemain, elle s’éveilla, le cœur inondé