Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/321

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d’Aksou, de Yarkand, et soumis jusqu’aux sauvages hordes Kirghiz.

L’œuvre de la guerre était accomplie, le butin partagé, les prisonniers égorgés, hormis les plus illustres, amenés captifs pour servir au triomphe du vainqueur. Plus de dangers : les douceurs de la paix et les vanités de la gloire.

Le général Tchao-Hoeï, commandant de cette armée, s’était arrêté à dix lieues de Pékin, près d’un torrent, dont la course bruyante animait le site, et, à l’ombre de la géante muraille, qui enjambe les montagnes et barre les vallées, il avait élevé un autel et dressé une tente magnifique.

C’est qu’un honneur insigne était réservé au général, une faveur qui allait l’illustrer à tout jamais et devant laquelle le souvenir même de ses fatigues, misères et blessures, s’effacerait de sa mémoire, comme un léger brouillard au soleil de midi : le maître de l’Empire-Unique, celui qu’on ne nomme qu’en tremblant, le Fils du Ciel lui-même, de sa main divine, lui servirait une tasse de thé.