Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/328

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captif, qu’il voudrait dérober à tous les yeux, il est dans la tente vers laquelle on se dirige, et on ne peut l’avertir de se retirer. Pourvu que le maître ne pénètre pas la ruse de ce déguisement !

Déjà l’empereur atteint l’entrée ; il s’enfonce sous l’ombre des étoffes, s’assied sur un banc recouvert d’une peau d’ours.

Les serviteurs s’empressent d’apporter tous les ustensiles nécessaires à la préparation du thé, et, tandis que, dans la bouilloire d’or posée sur des braises, la neige fondue fume et frémit, Khien-Long, écoutant distraitement les compliments distraits de son chef d’armée, laisse ses regards errer autour de lui. Dès qu’ils rencontrent le beau visage d’Ominah, ils deviennent attentifs, s’y arrêtent avec une surprise charmée, ne s’en détachent plus.

Le général balbutie, s’embrouille, ne sait ce qu’il dit ; mais l’empereur ne l’écoute pas et, brusquement, l’interrompt :

— Celui-ci, qui est-ce ?

— Un jeune eunuque à mon service et que