Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/338

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ce bien les antiques et inestimables chefs-d’œuvre, si recherches, que les rois seuls les possédaient ?… Elle ne pouvait se retenir de les palper, de chercher à leur angle la marque des artistes de Mesched. Puis elle s’enfonça dans une rêverie, sa pensée parcourut l’espace qui la séparait de sa patrie, et, de nouveau, le chagrin pesa sur son cœur, vint submerger cette minute d’illusion. L’empereur avait soulevé le châssis d’une fenêtre.

— Viens, ma bien-aimée, dit-il, regarde. Du lieu où nous sommes, le point de vue mérite, vraiment, d’être admiré.

— À quoi bon ? dit Ominah, affaissée sur le divan ; ce que je verrai là n’est pas ce que je désire voir.

— Qu’en sais-tu ?

Et, avec une douce violence, il l’entraîna vers la fenêtre. Cette fois, la belle musulmane resta muette, les yeux élargis de stupeur.

Est-ce bien possible ?… Cette ogive géante, dont le marbre blanc, fouillé d’arabesques rehaussées d’or et d’azur, resplendit aux rayons