Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/40

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— Oh ! parle ! parle ! mon frère ! Scribe Excellent !

Aménâa le fit se rasseoir, se mit à côté de lui, le contemplant.

— Tu es prédestiné à l’amour, dit-il, la nature t’a formé pour lui de toutes les grâces, tu ne peux souffrir et vivre que par l’amour ; mais aussi, il émane de toi comme l’arôme s’exhale du lotus. Qu’elle te voie, cette princesse, si inaccessible pour toi ; que tes yeux, qui ont la couleur du lapis-lazuli vrai, se lèvent une seule fois sur les siens ; que la fleur mystérieuse de ton sourire éclose pour elle, et, j’en réponds, son cœur sautera d’un bond la distance qui la sépare de toi.

— Ton amitié pour moi t’aveugle, dit Horus, et même fût-elle clairvoyante, Tantyris serait-elle touchée par ma souffrance, elle ne pourrait que la partager. Jamais je ne passerai un jour heureux avec elle. L’atteindre seulement est impossible : je serai tué par les gardes, avant d’approcher son ombre sur les dalles.