Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/39

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mence, cet amour me brûle et m’étouffe, il écrase mon cœur comme si la grande pyramide pesait sur lui. Vivre ainsi, c’est mourir cent fois en un jour. Je ne peux plus. J’ai couru jusqu’au seuil du temple, pour la revoir une dernière fois, afin d’emporter son image dans la Bonne Demeure.

Ah ! méchant ! méchant ! dit Aménâa dont les yeux rougissaient de larmes, c’est ainsi que tu récompenserais toute l’affection que j’ai eue pour toi ?… N’ai-je pas été le Père et la Mère, trop tôt disparus de ce monde ? N’ai-je pas, pour égayer ta jeunesse, négligé mes plus chers travaux ? Et, pour te conquérir ce jouet d’amour dont le désir t’affolait, ne me suis-je pas privé de sommeil, plongé dans l’étude des grimoires, afin d’arracher aux dieux le secret de la puissance ?…

— Mais voilà, tu n’as pas réussi ! dit Horus en soupirant.

— Qu’en sais-tu ?

Le jeune homme se leva, les yeux pleins de flamme.