Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/45

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Tantyris se recula dans son orgueil.

— Ignores-tu qui tu outrages ? dit-elle, avec une lueur de glaive dans ses longs yeux sombres.

Comme celui qui se noie remonte sur l’eau quand il a touché le fond, Horus revint à lui, immergea de l’ivresse, et dit, tout à coup calme et lucide :

— Ce que tu es, je le sais. Toutes les richesses, tous les pouvoirs terrestres sont à toi ; et cependant, moi Horus, obscur mortel, frère bien-aimé du magicien Aménâa, je puis te donner plus encore. Aucun prince, aucun roi du monde, certes, n’oserait tenter ce que je veux tenter pour te conquérir.

Tandis qu’il parlait, toujours agenouillé, elle penchait la tête vers lui, honteuse d’éprouver un engourdissant plaisir à plonger ses regards dans ces prunelles, couleur du ciel nocturne, qui se levaient vers elle si rayonnantes.

— Qu’est-ce donc ?

— Je sais en quel lieu du monde est le