Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/44

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tantôt étaient longues comme des années, tantôt s’envolaient dans un vertige.

Les trompettes sonnèrent de nouveau, les jeunes filles sortirent du temple et la princesse, après elles, s’avança.

Horus fit un pas, s’agenouilla, lui barrant la route. Mais, à la contempler de si près, il oublia son discours, il oublia la terre et le ciel.

Elle était vêtue, par-dessus sa tunique de gaze, d’une résille en perles multicolores, coiffée d’un léger casque en plumes de pintade, et l’air, autour d’elle, s’imprégnait d’enivrantes senteurs.

— Que fais-tu là, jeune inconnu ? pourquoi m’empêches-tu de passer ? dit-elle d’une voix plus surprise que courroucée.

— Ô palme d’Amour ! s’écria-t-il en joignant les mains, ô royale jeune fille, plus superbe que l’épervier des monts du soleil ! tu as empourpré ma vie comme le vin qui se mêle à l’eau, tu l’as embaumée comme un parfum répandu sur une trame, tu la brûles comme la flamme dévore le sarment…