Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/54

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— N’importe, il sera à moi.

Nopherképhtah abaissa sa main de momie, il la referma comme un étau sur le bras du jeune audacieux.

— Tu ne pourrais pas t’en emparer, dit-il, ose donc le jouer, avec moi, au cinquante-deux.

— J’oserai, dit Horus.

Alors le mort le lâcha en ricanant. Il poussa entre eux un damier. Et, au fond de la tombe, éclairés par le Livre Magique, ils jouèrent cette partie terrible.

Nopherképhtah gagna le premier coup. Aussitôt, il frappa Horus sur la tête, et le fit enfoncer, dans le sol, jusqu’aux genoux. Mais Aménâa vint se placer derrière son frère, il dirigea son jeu, et lui fit gagner le dernier coup.

— L’enjeu est à moi, s’écria Horus.

Et il porta la main sur le divin livre.

Nopherképhtah poussa un cri effrayant ; il devint furieux comme une panthère du Midi, et s’élança sur le sacrilège.