Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/58

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Poursuivi par les gardes, armés de lances, mais qui n’osaient pas le frapper, un homme s’élança ; et gravissant les marches du kiosque, sans s’émouvoir de la majesté royale, il vint se jeter aux pieds de Tantyris.

En reconnaissant Horus, elle poussa un léger cri, et ferma à demi les yeux. Mais le cœur du roi devenait brûlant, ses regards roulaient la mort. La princesse, avant qu’il ait pu maudire, caressante, s’appuya sur son bras et lui dit :

— Ô père ! Je t’en prie, ne dis pas de paroles funestes. Voici : j’ai juré, par Phtah, que celui-ci serait mon époux, s’il m’apportait l’Écrit Tout-Puissant, le Livre de Thot, que Nopherképhtah gardait jalousement dans le tombeau. Et vois, entre ses mains, le divin grimoire flambloie, brûle nos yeux.

Elle prit le livre, que Horus lui tendait, et le donna à Pharaon.

Le roi, tout ému et charmé, tint longtemps le livre avec respect, n’osant l’ouvrir. Puis il dit :