Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/57

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royale, et aussi leur fille bien-aimée, Tantyris, la princesse parfaite.

Sur le lac, naviguait une barque, qui avait la forme de Pik-ho, le serpent à face étincelante, gardien de la troisième heure du jour, et les rames, en bois d’ébène garni d’or, étaient tenues et manœuvrées par vingt jeunes filles, choisies belles parmi les belles. Elles étaient vêtues de tuniques de gaze, dont la trame légère laissait voir des gorgerins d’émaux et, ceignant les flancs, des baudriers d’or, ornés de pierreries. Sur leurs têtes, fleurissaient des lotus.

Le roi prenait plaisir à voir les efforts gracieux des vingt jeunes filles, quand, toutes ensemble, elles pesaient sur les rames, puis les levaient, tout emperlées, hors de l’eau ; à contempler les beaux corps blancs, s’allonger, se pencher ; à regarder la barque filer, virer, revenir.

Mais une rumeur, tout à coup, troubla et couvrit la voix des musiques cachées, qui rythmait le mouvement des rames.