Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/70

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tout, qu’on ne la maltraite pas. Je ne veux pas de malheureux, le jour de mon bonheur.

Horus était sorti de son palais, en grand appareil, et il s’avançait au-devant de sa fiancée.

— Viens ! viens ! mon fils, s’écria le roi, voyons si l’amant sera plus clairvoyant que le père. Les Dieux sont irrités contre nous. Ils nous proposent une énigme, dont la solution, à ce que je prévois, peut être terrible. C’est à toi, je pense, de la résoudre.

Et Horus, plein d’épouvante, s’écria :

— Malheur au possesseur du Livre ! a prédit le mort à qui je l’ai ravi. Ah ! je comprends toute l’horreur de cette vengeance : si je ne devine pas juste, c’en est fait de nous !

Frémissant de crainte, le visage pâle comme l’albâtre, il regardait alternativement les deux princesses, l’une, échevelée, défaite, les yeux pleins de larmes, l’autre, triomphalement belle, sous ses parures, et qui le contemplait avec un sourire enivré.