Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/75

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clama roi un homme brutal et sans esprit, nommé Bnou-ak-el-Milik. Il ne tarda pas à abuser du pouvoir. Tyrannique, débauché, il enlevait les épouses de ses sujets, et les déshonorait. Bien des révoltes éclatèrent contre lui, mais vainement ; on ne put parvenir à le renverser. C’est alors que Bilkis, indignée de tant de crimes, résolut de débarrasser le pays de Saba d’un tel homme.

Bnou-ak avait voulu épouser la belle reine, mais celle-ci avait repoussé avec dégoût cette union. Pourtant, elle feignit un jour d’y consentir, et tout fut bientôt préparé pour les noces.

Un cortège superbe conduisit la reine à la cour de Bnou-ak, et le mariage fut célébré avec la plus grande pompe. Pendant le festin nuptial, Bilkis enivra le prince, et lorsqu’elle fut seule avec lui, elle trancha la tête au tyran assoupi. La courageuse reine cacha cette tête sanglante dans un pli de sa robe et sortit sans bruit.

Les danses avaient cessé, les chants s’étaient