Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/76

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tus, les flambeaux s’étaient éteints. Elle traversa furtivement le palais obscur et désert, passa sans être vue devant les gardes endormis, et gagna un bois de palmiers. Là, un serviteur attendait, tenant en main deux chevaux qui frémissaient d’impatience, rongeant et secouant leurs mors ornés de pierreries. La reine sauta en selle et s’enfuit vers son palais. Dès qu’elle l’eut atteint, elle envoya des messagers à tous les chefs, à tous les hauts personnages de la cour de Bnou-ak, les appelant à Mareb, la capitale de Saba, et, avant le jour, ils étaient réunis devant le palais de Bilkis.

Ce palais était édifié sur sept terrasses qui s’élevaient en retraite les unes des autres. Tous les grands et les chefs guerriers de la cour de Bilkis étaient échelonnés sur ces terrasses, lorsque l’aurore commença à poindre.

Au moment même où le soleil frappait de ses premiers rayons le faîte du palais, des portes s’ouvrirent, sur la plus haute des terrasses, et la reine apparut resplendissante dans