Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/85

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La première veille s’écoule, les vivants sont comme morts dans le sommeil. Cependant le roi s’est levé, il a quitté son lit tiède, et lentement, de salle en salle et de terrasse en terrasse, il monte vers le sommet du palais.

Il doit franchir sept portes et gravir sept escaliers. À un mot mystérieux qu’il prononce, les battants s’écartent devant lui ; c’est d’abord une porte de plomb, puis une d’étain, la troisième est d’airain et résonne en se refermant ; une porte de fer s’ouvre ensuite, puis une porte de bronze, la sixième est d’argent et la septième d’or ; elle retombe, derrière le roi, avec une longue et claire vibration.

L’air vif fait palpiter sa robe de lin blanc, car il est sur une plate-forme vertigineuse qui le rapproche du ciel. Il se tourne vers le Nord et vers le Midi, vers l’Occident et vers l’Orient. Alors il voit de telles choses, parmi les astres, qu’un cri s’échappe de ses lèvres et traverse la nuit paisible. Tremblant d’émotion, il s’élance vers le rebord de pierre et, s’y