Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/97

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brassa ses hôtes, il leur souffla au visage une haleine sépulcrale.

En entendant leurs questions au sujet de ce roi dont les cieux annonçaient la naissance, il pâlit, et avoua avec un tremblement de colère qu’il ne savait pas le premier mot de cet événement.

Alors il les entraîna à travers les galeries et les portiques, à pas pressés, entortillant autour de lui sa toge de pourpre, et geignant tout en marchant. D’un geste brusque, il ordonnait à des gardes et à des esclaves qu’ils rencontraient de les suivre, et une escorte se formait derrière eux.

Par instants, il marmottait d’une voix essoufflée des lambeaux de phrases.

— Toujours les mêmes ! s’occupant de niaiseries ! ou bien ils savent, et ne m’ont rien dit ; me croient-ils las de frapper ?

Et il avait un ricanement menaçant.

Ils atteignirent l’extrémité du Mont Sion, franchirent le vallon des Fromagers sur un pont très haut, et gagnèrent l’esplanade du