Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/127

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EXCURSION EN GRÈCE.

troubadour et Champs-Élysées, qui frappaient en cadence, avec des espèces de cymbales, des genouillères et des brassards de métal retentissant.

Pendant cette représentation, l’Arciduca-Lodovico chauffait, et l’instant de dire adieu à ceux de nos compagnons de voyage qui poursuivaient leur route par Trieste arriva. Le transbordement opéré, le petit steamer commença à fouetter de ses palettes la mer passablement onduleuse encore, en longeant la côte montagneuse de Syra, dont on apercevait dans l’ombre les escarpements violâtres. De cette partie du voyage, je ne saurais dire grand’chose, quoique j’aie passé la nuit sur le pont. Mais il n’y avait pas de lune et je ne distinguais rien que quelques silhouettes confuses d’îles, quelques moutons blanchissant au loin sur la mer, quelques scintillements d’étoile se brisant dans l’écume d’une vague. Quoique aujourd’hui je ne trouve pas de mots pour décrire ce spectacle, il était vraiment très-beau, mais d’une beauté qui, faute de formes précises, échappe à toute description.