Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/83

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LA TURQUIE.

sous un dais de vermeil constellé de pierreries. Les autres nations avaient progressé, tandis que la Turquie était restée accroupie sur son divan, entêtée dans ses vieilles habitudes, et si le padischah signait encore ses firmans de l’étrier impérial, ce n’était plus qu’une vaine formule ; la bataille de Lépante, où Cervantès, le glorieux manchot, fut blessé, avait dès longtemps dissipé le prestige ; le croissant s’était abaissé devant la croix ; l’Europe chrétienne n’avait plus rien à craindre. Mahmoud, le père d’Abdul-Medjid, comprit que la Turquie, pour tenir désormais son rang parmi les peuples civilisés et ne pas être, malgré son courage, à la merci de la première invasion, devait détruire les janissaires, ces prétoriens et ces strélitz toujours en révolte, et imposer les formes de la tactique militaire moderne à des troupes jusque-là plus braves que disciplinées. — Son œuvre rencontra les résistances les plus obstinées de la part du vieux parti turc, partisan des anciennes mœurs, ennemi des inventions des giaours, attaché