Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/85

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LA TURQUIE.

sienne, ces cavaliers descendant au galop les rues escarpées et pierreuses de Stamboul ou de Péra, et nous pensions que la Turquie n’était pas autant en arrière qu’on voulait bien le dire, et ne serait pas tordue en une bouchée par l’ours du Nord, s’il prenait fantaisie à celui-ci de secouer ses frimas et de s’avancer sur le chemin de Byzance ouvert par Catherine. Silistrie invaincue et l’évacuation des principautés, après tant de fanfaronnades méprisantes, l’ont bien prouvé.

Alors, il est vrai, nous ne soupçonnions pas que le Charlemagne, dont nous visitions les batteries formidables, serait appelé à jouer un rôle actif dans cette mer où se réfléchissaient pittoresquement ses flammes tricolores ; mais déjà cependant la question des Lieux Saints causait une certaine agitation, et la vieille opposition turque, mécontente du ministère trop favorable aux giaours, écrivait ses articles en lettres de feu tantôt à Psammathia, tantôt à Scutari, à Péra et à Stamboul. — Le panier rouge, signal des incendies, se montrait à chaque instant au sommet