Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/86

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L’ORIENT.

de la tour du Séraskier. — Le ministre fut changé et tout s’éteignit. Personne ne prévoyait encore le paletot de Menschikoff ; cependant les Grecs, rendus favorables aux Russes par la conformité de religion et par l’espoir absurde du rétablissement, à leur profit, de l’empire de Byzance, supputaient les dates, et se disaient tout bas que les quatre cents ans allaient s’accomplir, et que le prêtre enfermé dans la muraille depuis la prise de Constantinople, en sortirait pour achever sa messe interrompue dans Sainte-Sophie rendue au culte chrétien ; en effet, une prédiction populaire affirmait qu’au bout de quatre siècles, jour pour jour, une nation blonde devait pénétrer dans Stamboul par la porte Dorée, que cette superstition avait fait murer. Or, Constantinople a été prise le 29 mai 1453 : ce n’était donc plus que quelques mois à attendre. La prophétie est maintenant convaincue de fausseté ; nul étranger blond n’a franchi la porte qui vit passer jadis Alexis Strategopoulos, et le prêtre murmure