Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/89

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LA TURQUIE.

sans que la foi soit affaiblie, l’habitude de voir des Français, des Anglais, des Allemands, a fait tomber ces habitudes farouches d’avanie et d’insulte ; un étranger d’un maintien tranquille et décent peu parcourir Constantinople en tous les sens, il y sera certes plus en sûreté et plus à l’abri des railleries grossières qu’un Turc en costume se promenant dans un faubourg de Paris. — Nous-même nous sommes entré, à toute heure de nuit et de jour, dans des cafés borgnes fréquentés par des Hammals, des matelots et de pauvres diables tout en haillons, qui se levaient pour nous faire place avec une politesse que nous n’aurions pas rencontrée aux cabarets de la Halle et de la Cité. Les Turcs sont pleins de bonhomie et de simplicité : leur loyauté est connue, la parole d’un Turc vaut toutes les signatures et tous les billets du monde. Les cruautés, nécessaires peut-être, de quelques sultans ou de quelques vizirs, dans des circonstances décisives, ont donné à la nation un aspect féroce qui n’est pas justifié par les mœurs