Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/97

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LA TURQUIE.

et de n’avoir à son service, pour rendre ses impressions, au lieu d’un pinceau aux mille nuances, qu’un bec de plume aride trempé dans une goutte d’encre bourbeuse ! Et si, remontant plus haut, on descend en face de Thérapia, sur la rive asiatique, on assiste aux jeux des jeunes Grecques, dansant la romaïque, l’imagination se reporte à des souvenirs classiques devant ces profils réguliers, ces formes de déesse copiées par Phidias et Cléomène, que nous autres, habitants déshérités des contrées du Nord, nous prenons pour le beau idéal, et qui ne sont que le type de la plus parfaite race humaine : mais qu’avons-nous besoin de retracer ici tous ces tableaux ? souvenirs déjà lointains pour nous, quoique toujours vivants, lorsqu’en tournant ces feuilles on va les retrouver dessinés en détail, coloriés soigneusement, placés dans leur bordure, exacts, complets, avec les figures, les costumes, les mœurs, les particularités intéressantes, les usages étranges, les fêtes, les cérémonies, toute la vie de l’Orient ayant pour fond les mosquées, les bazars, les kiosques, les