Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/132

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ce qu’il leur fasse comme un auvent au-dessus du front.

Par instant, une trouée dans les buissons laisse apercevoir la ville, qui semble s’étendre à mesure que l’on s’élève ; mais on ne s’arrête pas à la contempler, la première station devant avoir lieu sur la terrasse du temple de Kiomidz, c’est-à-dire le temple de l’Eau-Pure, d’où la vue est admirable.

Ce temple s’appuie d’un côté sur des piliers de bois prodigieusement hauts qui descendent jusqu’au pied de la montagne ; de l’autre, il s’adosse à une roche taillée à pic il abrite sous sa large toiture recouverte de plaques en porcelaine bleue, une divinité à mille bras.

Sur la terrasse couverte de gros cailloux, qui se projette devant la façade du temple, on a disposé des pliants pour que les nobles promeneurs se reposent et jouissent tout à leur aise de la beauté du point de vue.

Ils arrivent bientôt et s’installent.

Kioto s’étend sous leurs regards, avec ses innombrables maisons, basses mais élégantes, qui entourent le parc immense du Daïri[1], lac de verdure duquel surgit çà et là comme un îlot, un toit large et magnifique. On peut suivre des yeux la ligne claire que tracent les murailles autour du parc.

Au sud de la ville, une rivière, l’Idogava, luit sous le soleil. La plaine, riche et bien cultivée, s’étend au delà. Un autre cours d’eau, la rivière de l’Oie-Sauvage, coule au centre de la ville, près de la forteresse de Nisio-Nosiro qui dresse ses hauts remparts et sa tour carrée coiffée d’un toit relevé des bords.

Derrière la ville se déploie un demi-cercle de hautes

  1. Palais du mikado et de sa cour.