Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/133

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


collines couvertes de végétations et de temples de toutes sortes qui s’étagent sur les pentes, les escaladent et disparaissent à demi dans les feuillages et les fleurs. Les seigneurs se montrent les uns aux autres le temple d’Iasacca ou des Huit-Escarpements, la tour de To-Tsé, à cinq étages de toitures légères la chapelle de Guihon, qui ne contient qu’un miroir métallique de forme ronde, et qui est environnée d’un grand nombre de jolies maisons dans lesquelles on boit du thé et du saké ; puis en bas, vers la plaine, sur la route qui mène à Fusimi, la pagode colossale de Daïbouds, très haute, très magnifique, et qui contient dans l’enceinte de ses jardins le temple des Trente-Trois mille Trois cent Trente-Trois Dieux édifice très long et peu large.

Les promeneurs s’extasient sur la beauté du site, ils se réjouissent de se perdre par le regard dans le réseau compliqué que forment les rues de la ville, pleines d’une foule brillante, les enclos, les cours, qui, de la-haut, ressemblent à des boîtes ouvertes ; d’un seul mouvement des yeux ils traversent Kioto ; près de la rivière, ils voient un grand espace libre, entouré d’une palissade, c’est le champ de manœuvre des cavaliers du ciel, quelques-uns galopent dans son enceinte, les broderies de leurs vêtements, leur lance, leur casque, jettent des éclairs.

Les montagnes, d’un vert profond, mordent de leurs dentelures l’azur vif du ciel, quelques pics plus lointains ont des nuances violettes, l’atmosphère est si pure que l’on distingue nettement la petite ville de Yodo, rattachée à Kioto par le long ruban de la route qui traverse les champs dorés.

La Kisaki se lève.

— En route s’écrie-t-elle ; ne nous arrêtons pas