Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/142

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XIII


LES TRENTE-TROIS DÎNERS DU MIKADO


Le sublime Fils des dieux s’ennuie. Il est assis les jambes croisées sur une estrade couverte de tapis, entre des flots de brocart d’or qui descendent du plafond et sont ramassés à grands plis de chaque côté.

Une enfilade d’appartements s’étend devant le regard du souverain.

Il songe qu’il est très majestueux, puis il bâille.

Le cent-neuvième mikado, Go-Mitzou-No, bien qu’il soit jeune, est doué d’un embonpoint excessif, cela tient sans doute à l’immobilité presque constante qu’il garde. Son visage est blafard, jamais un rayon de soleil ne l’a touché ; plusieurs mentons se reploient sur son cou les plis de ses robes pourpres s’amoncellent autour de lui, la haute lame d’or se dresse sur son front à sa droite sont disposés les insignes de la toute-puissance : le glaive, le miroir, la tablette de fer.

Le mikado trouve l’existence monotone. Toutes les