Page:Gautier - La sœur du soleil.djvu/149

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Le guerrier se remit en selle et repartit.

Le lac de Biva est situé derrière la chaîne de collines qui enveloppe Kioto. Pour s’y rendre, il fallait suivre plusieurs vallées et faire de nombreux détours. Le jeune homme ne pouvait pas maintenir toujours son cheval au galop, à cause des pentes à gravir et à descendre. Quelquefois, au lieu de suivre les sinuosités du chemin, il courait sur l’herbe épaisse des vallées pour raccourcir la route. Au bout d’une heure, il déboucha sur le rivage du lac ; mais, alors, il ne sut de quel côté se diriger.

Le lac, bleu comme un saphir, s’étendait à perte de vue ; à droite et à gauche, de petits bouquets de bois, des roches brunes, de grands espaces couverts de mousse et de bruyères se succédant indéfiniment.

De la chasse, aucune trace, nul indice qui pût faire deviner dans quel sens il fallait la poursuivre.

Le jeune guerrier ne parut pas s’émouvoir de cette circonstance, il fit gravir à son cheval une éminence et regarda autour de lui. Il aperçut alors, au milieu d’un bosquet de bambous, le toit d’un petit temple à demi enseveli sous le feuillage.

Il courut à ce temple et, sans descendre de cheval, heurta rudement la cloche d’appel.

Le bruit réveilla le gardien du temple, un vieux bonze au crâne chauve, au visage long et maigre.

Il accourut en se frottant les yeux.

— Sais-tu de quel côté s’est dirigée la chasse royale ? dit le jeune homme.

— Ce matin j’ai entendu des aboiements, des hennissements, des éclats de rire, dit le bonze, mais je n’ai rien vu. Les chasseurs n’ont pas passé par ici.

— C’est qu’ils ont pris à droite, dit le guerrier en